En Autriche et dans le Tyrol du Sud, il existe un dessert que les randonneurs connaissent bien : le Kaiserschmarren. Je l’ai goûté pour la première fois au retour d’une balade en altitude, les joues encore rougies par le vent frais, et c’est là que j’ai compris pourquoi on l’appelle parfois « l’omelette de l’Empereur ». Fondant, généreux, légèrement doré, il réchauffe comme peu de douceurs savent le faire. Depuis ce jour, il s’invite régulièrement dans ma cuisine, même sans montagne à l’horizon.
Le Kaiserschmarren est un grand classique de la cuisine tyrolienne, partagé entre l’Autriche et le Haut-Adige italien. Son nom évoque l’Empereur François-Joseph Ier, qui en aurait été très friand. Dans les refuges de montagne du Tyrol du Sud, on le sert comme goûter après une belle marche : c’est à la fois nourrissant et réconfortant, une frittata sucrée que l’on déchire en morceaux irréguliers avant de la saupoudrer de sucre glace. La version tyrolienne, plus simple que la recette autrichienne classique, mélange le jaune et le blanc d’œuf ensemble — sans les monter séparément — ce qui rend la préparation rapide et accessible à tous. On peut y ajouter des raisins secs macérés dans le rhum, ou les omettre selon les goûts. C’est ce caractère à la fois rustique et gourmand qui fait tout le charme de ce dessert.
Le Kaiserschmarren est né au cœur du Tyrol autrichien au XIXe siècle. On raconte que l’Empereur François-Joseph Ier en était si friand qu’on l’a nommé en son honneur. Cette frittata sucrée était traditionnellement servie dans les refuges de montagne comme goûter revigorant après une journée de randonnée, combinant générosité et simplicité — les ingrédients que tout paysan tyrolien avait sous la main.
Ingrédients pour 4 personnes
- 3 œufs
- 150 g de farine
- 200 ml de lait
- 2 c. à s. de sucre
- 1 sachet de sucre vanillé
- 1 pincée de sel
- 60 g de raisins secs (facultatif)
- 2 c. à s. de rhum brun (facultatif, pour faire gonfler les raisins)
- 30 g de beurre
- Sucre glace pour servir

Préparation
1. Si vous utilisez les raisins secs, faites-les tremper dans le rhum (ou dans de l’eau tiède) pendant une vingtaine de minutes, puis égouttez-les.
2. Dans un saladier, battez les œufs entiers avec le sucre, le sucre vanillé et la pincée de sel jusqu’à obtenir un mélange légèrement mousseux.
3. Incorporez la farine en pluie tout en mélangeant, puis versez le lait petit à petit pour obtenir une pâte lisse et sans grumeaux, de consistance proche d’une pâte à crêpes un peu plus épaisse.
4. Ajoutez les raisins secs égouttés à la pâte et mélangez délicatement.
5. Faites fondre le beurre dans une grande poêle antiadhésive à feu moyen. Versez toute la pâte d’un coup et laissez cuire à couvert pendant 4 à 5 minutes, jusqu’à ce que le dessous soit bien doré.
6. Retournez la frittata sucrée à l’aide d’une assiette ou d’une spatule large, puis déchirez-la en morceaux irréguliers directement dans la poêle avec deux fourchettes. Continuez la cuisson 2 à 3 minutes en remuant, jusqu’à ce que tous les morceaux soient dorés.
7. Dressez dans les assiettes et saupoudrez généreusement de sucre glace. Servez immédiatement, accompagné de confiture de quetsche ou de compote de pommes.
Conservation
Le Kaiserschmarren est vraiment meilleur dégusté chaud, juste après la cuisson. Si toutefois il vous en reste, vous pouvez le conserver dans un contenant hermétique au réfrigérateur pendant 1 à 2 jours. Pour le réchauffer, passez-le quelques minutes dans une poêle avec une noisette de beurre à feu doux, ou au four à 150°C pendant 5 minutes. Il retrouvera ainsi une belle texture dorée. La congélation n’est pas recommandée car la texture fondante en pâtirait. Vous pouvez en revanche préparer la pâte à l’avance et la laisser reposer au frais pendant 1 heure avant la cuisson.
Astuces et variantes
Pour une version encore plus gourmande, accompagnez votre frittata sucrée d’une compote de prunes ou d’airelles, très typique de la région tyrolienne. La confiture d’abricot fonctionne aussi très bien. Si vous n’avez pas de rhum sous la main, les raisins secs peuvent tout simplement tremper dans du jus d’orange ou de l’eau chaude — le résultat est tout aussi savoureux.
Ceux qui préfèrent une version plus légère peuvent remplacer la moitié du lait par de la crème fraîche liquide, ce qui apporte un moelleux supplémentaire. Vous pouvez également ajouter une pointe de cannelle ou de zeste de citron râpé dans la pâte pour parfumer davantage le Kaiserschmarren selon vos envies. Pour un repas en famille, cette recette se marie aussi très bien avec une quiche sans pâte en plat principal léger.
Pour éviter que la pâte n’attache au fond de la poêle, veillez à utiliser une poêle antiadhésive en bon état et à bien laisser fondre le beurre avant de verser la pâte. Ne cherchez pas à obtenir des morceaux uniformes lors de la découpe — le charme de ce dessert réside justement dans son aspect rustique et irrégulier.
FAQ
Puis-je préparer le Kaiserschmarren sans raisins secs ?
Tout à fait. Les raisins secs sont un ajout traditionnel mais tout à fait facultatif. La frittata sucrée est délicieuse nature, avec simplement la vanille et le sucre glace. Certaines familles tyroliennes la préparent d’ailleurs sans fruits secs par tradition.
Que faire si ma pâte est trop liquide ou trop épaisse ?
Si la pâte vous semble trop liquide, ajoutez une cuillère à soupe de farine supplémentaire. Si au contraire elle est trop épaisse, incorporez un peu de lait, cuillère par cuillère, jusqu’à obtenir la bonne consistance. La pâte doit se verser facilement mais rester nettement plus dense qu’une pâte à crêpes classique.
Peut-on servir le Kaiserschmarren en dessert de repas plutôt qu’en goûter ?
Absolument. Même si la tradition veut qu’on le serve comme goûter après une balade en montagne, le Kaiserschmarren fait un dessert copieux et convivial très apprécié à table. Servez-le en fin de repas léger, accompagné d’une compote de saison ou d’une boule de glace à la vanille.
Bon appétit !





